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Développement durable et entreprise socialement responsable
Gageons qu’avec la crise le domaine de l’entreprise sera de plus en plus considéré pour son impact social ou sociétal - les termes en français ne sont pas au point - et non plus comme un univers à part, guidé par des valeurs strictement financières, un esprit de concurrence, et autres simplifications dictées par les esprits financiers et marketings obtus qui ont entrainés le monde, les cultures, les esprits… et les DRH, dans un univers de croyances irrationnelles et déshumanisantes. La RSE - responsabilité sociétale des entreprises - est un point essentiel du développement durable qui comme chacun sait conjugue des objectifs de progrès environementaux, économiques et sociétaux. Or le systémique ne joue pas seulement pour les processus-catastrophes. Il peut aussi engendrer des cercles vertueux, et entrainer des changements de paradigme : amener les entreprises à prendre en considération dans leurs activités le bien commun, et le respect de l’humain, pour tout simplement être crédibles, pour être “acceptables” (par leurs partenaires, par leurs clients, et par toutes les “parties prenantes”), c’est à dire pour pouvoir continuer à exister et proposer de la “valeur” (leurs produits, leurs services - y compris quand il s’agit de services publics d’ailleurs). Les termes eux-mêmes sont significatifs d’un chemin d’évolution tel celui de “parties prenantes” qui élargit la prise en compte des problématiques à des entités plus collectives et en relation les unes avec les autres dans une réalité concrète, à des contraintes plus larges mais plus significatives aussi d’un possible accord, d’un engagement plus réfléchi pour notre devenir commun.
Ce ne sont pas là que des mots, mais des mots-actions. Je découvre par exemple des possibilités d’agir concrètement à partir de cette posture de responsabilité sociétale une posture volontaire, pensée à partir de la singularité de chaque entreprise ou institution : la Charte d’engagements LUCIE
Respecter les intérêts des clients
Préserver l’environnement
Agir avec loyauté sur les marchés
Valoriser le capital humain
Respecter les droits humains
Conjuguer les intérêts de l’entreprise avec l’intérêt général
Assurer la transparence du système de décision et de contrôle
Cela se traduit par un label. OK. Mais au-delà de la reconnaissance d’une démarche et de la nécessité de donner des points de repères lisibles, ce qui devient efficient, c’est à mon avis l’interaction de la responsabilité active - de l’activité responsable - entre des milliers d’acteurs concernés : une nouvelle manière de penser, de ne plus isoler les entités qui font nos sociétés, qui font société, qui s’orientent et innovent en regardant au-delà des intérêts immédiats, habituels, que la paresse intellectuelle donne pour horizon. D’après vous, l’orientation RSE ne devient elle pas “concurrentielle”
face aux acteurs qui nous ont donnés pour horizon le mur de la crise ? Les acteurs de la spéculation débridée et du profit immédiat vont ils continuer à régner, dans les entreprises et dans les esprits ? Il s’agit non pas de “sortir de la crise”, comme si l’on était entré dans un mauvais lieu à quitter au plus vite. Il s’agit de transformer une réalité complexe en jouant sur des éléments systémiques ; la RSE devient un élément qui peut avoir de bons effets d’entrainement !
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